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REGISTRES DU BUREAU
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en louer et remercier Dieu avec nous, à fin qu'il luy plaise nous continuer la faveur de sa saincte grace, et embrasser nostre juste querelle pour en faire sor­tir le neccessaire repos que nous cherchons à la Chrestienté, ainsi que plus à plain vous entendrez de Longuet, l'ung de noz Secretaires, present por­teur, que nous vous prions croire sur ce tout ainsi quc vous feriez nous mesmes.
"Donné à Villers Cosleretz, le xxuiie jour de Juing
mil Ve LVIII, n
Ainsi signé : "HENRY". Et au dessoubz: tr de L'Aubespine".
Et au dessus :
A noz trés chers et bien aînez les Prevost des Marchans et Eschevins de nostre bonne Ville et Cité de Paris.
MXX. — Te Deum chanté.
25 juin i558. (Fol. 289 r°)
Le vingt cinquiesme jour de Juing v'lyiiii, lesd. Lettres furent apportées par led. Longuet, denommé esd. Lettres, environ huit heures du matin; et incon­tinant icelles receues, Mess™ de la Ville allerent à la
Court de Parlement en leurs robbes noires ordinaires ; et assistèrent au Te Deum qui fut chanté en l'Eglise de Paris, où assistèrent Mess" de la Court de Parlement, à neuf heures du matin.
MXXI. — Musnier, Lieutenant civil, pilorié.
27 juin 1558. (Fol. 289 r°-)
Le lundi xxvne jour de Juing mil vc lviii, après que le lieutenant civil Musnier eust longuement tenu prison avec le commissaire Bonnot, et son procès faict et parfaict, et convaincu d'avoir suborné de faulx tesmoings à l'encontre de la contesse de Seinganf1', louchant la faitte du duc d'Ascot ayant rompu les prisons du boys deVinciennes où il estoit^', ont eulx deux faict amende honorable, nuz piedz et leste, et
de là menez pilloriez au pillory; et en y allant le peuple cryoit après led. Musnier, en luy disant plu­sieurs grandes injures, par ce que pendant qu'il estoit Lieutenant criminel, il avoit faict plusieurs actes incivilles aux habitans de lad. ville, comme faict oster les barbes à forcet3', et autres violences sans grande raison.
MXX1I. — Remonstrances faittes à Mess" les Generaulx.
2 juillet 1558. (Fol. 289 v".)
Du samedi 11° Juillet mil vc lviii,
Aujourd'uy a esté ordonné au Receveur de la Ville de Paris que Monsr de Thou, Eschevin de lad. Ville, fera remonstrances, à Mess" les Generaulx de
la Justice des Aydes, des Lettres du Roy par les­quelles il a declairé qu'il n'entend nulz estre exemps de l'ayde de un sous 11 deniers tournois pour muy de vin entrant et yssant hors Paris, sinon les do-
<" nLa comtesse de Seingan- : Françoise d'Amboise, fille unique de Jacques et d'Antoinette d'Amboise, dame de Renel, veuve de René de Clermont-Gallerande, seigneur de Saint-Georges. Françoise épousa Charles de Croy, comte de Seneghem, sur lequel voyez la note 1 de la page 485.
(2) "Le duc d'Ascot" : Philippe d'Arschot, neveu du comte de Seneghem, était détenu depuis près de cinq ans au donjon de Vin­cennes, ayant été fait prisonnier par le vidame de Chartres, lors de l'escarmouche de Doullens (août 1553). Pour plus dc détails, voir ci-dessus l'article CCCLIX et les notes y afférentes.
t3' L'usage de porter la barbe longue, aboli depuis le règne de Louis VII, fut rétabli par François I", mais seulement en faveur des gens de cour et de noblesse; les clercs durent acheter le privilège de porter barbe. Plusieurs édils des rois François 1" et Henri II réglementèrent cette partie du costume; notre texte montre qu'ils furent exécutés rigoureusement, non sans soulever des protestations populaires. — On connait la cause et la nature de l'accident arrivé à François I", à l'attaque de l'hôtel de Lorges-Montgommery, à Romorantin. Nous ajouterons, d'après des renseignements particuliers, que cet hôtel existe encore, à l'angle des rues de la Pierre et du Carroir doré; il est connu sous le nom de "la Chancellerie", parce qu'il servait de résidence au garde des sceaux durant les séjours de la Cour à Romorantin. Construit et décoré dans le style le plus riche de la Renaissance, probablement à la fin du xv0 siècle, cet édifice n'a gardé qu'un petit nombre des sculptures et autres détails d'ornement qui lui donnaienl un cachet vraiment remarquable. A la fin du siècle dernier (1785), il appartenait à la famille de Montgivré; aujourd'hui, la "Chancellerie" n'est plus qu'une manu­facture de chemises.